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Je suis écrivain

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dans le train

  «Jusqu’au jour où, n’en pouvant plus, dans ce monde qui pour vous est sans bras, vous attrapez dans les vôtres les chiens galeux, les portez le temps qu’il faut pour qu’ils vous aiment, pour que vous les aimiez. » Samuel Becktett, Molloy. 
La campagne fait du bien. Ou est-ce le nous qui nous fait du bien ? Le vent se lève. Les nuages oscillent devant le soleil. Je suis en méditation au sujet du diable. Je joue avec un enfant et, en jouant avec lui, je pense à comment j'ai été séparée d'une autre enfant. J'ai été arrachée à elle sans que j'ai le droit de dire quoi que ce soit, sans pouvoir lui dire au revoir. La dernière fois que nous nous sommes vues, nous ne savions pas que nous ne nous verrions plus. L'imprévisible du diable. Sans raison valable, son père a décidé que je n'étais plus sa marraine. Avec un refus du dialogue et uniquement de la haine. Et tout le monde (sauf moi) est au garde à vous. La petite fille en danger. Dans la souffrance. Avec un père dans la toute-puissance sans garde-fou puisque la mère a été écartée. Le père va emmener les enfants loin. Là où personne ne le connaît, il pourra abuser de son pouvoir paternel. Il sera à l'abri des regards familiers. Je reste bouche bée, d'où peut venir autant de haine ? On dit que la méditation est un entraînement aux événements qui surgissent sans crier gare. J'ai lu que chaque expérience est un enseignement.
Et qu'il faut rire devant le diable. 
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