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La suspension

Il m’arrive de dire « je suis suspendue » par un autre. C’est quand ce dernier me met en attente. Peut-être on se voit, peut-être on ne se voit pas. Je te répondrai, je t’appellerai. Alors presqu’inconsciemment le cerveau et le corps se mettent dans une attente floue. Une énergie et une place sont monopolisées en arrière-plan dans moi.  Cela génère un petit stress d’arrière-cour assez désagréable. Hier j’ouvre un livre sur l’empathie, chercher à comprendre cette indifférence que je rencontre parfois. Je vais au chapitre sur la torture :

«Un comportement autodestructeur peut être induit par une action sur le corps. C’est le cas de la méthode de suspension, fréquemment utilisée dans tous les pays. J’ai constaté que chez les victimes de cette torture, les comportements autodestructeurs et l’autodépréciation étaient beaucoup plus fréquents et présents que chez les personnes qui n’ont pas été torturées de cette manière. Le lien réside en ceci : au bout de quelques heures de suspension, l’insupportable douleur est engendrée par le poids de vos organes internes. Vous souffrez de l’intérieur, c’est vous-mêmes qui vous faîtes souffrir. Tel est l’engramme implémanté.» Françoise Sironi, Les mécanismes de destruction de l’autre in L’empathie sous la direction d’Alain berthoz et Gérard Jorland

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