Je suis écrivain
Je me suis souvent demandé : y a-t-il une intrigue dans telle ou telle fiction (thème cher à mon ami Denys Corel - voir son blog dans mes liens) ? Il y avait dans cette question une réelle angoisse. Sans doute pour des raisons sociologiques, familiales, personnelles, je déteste cette sensation désagréable de devoir atteindre ce but comme rendre une bonne copie à une instance supérieure. C'est sans doute aussi lié à l'école, à ma relation au surmoi, au père, à Dieu, que sais-je ? Tout se mélange et c'est un sujet assez complexe. Il s'y joue aussi (je mets aussi car il s'agit d'une intrication de raisons venant d'origines diverses) cette lutte (construire car je ne vois pas pourquoi il y aurait un antagonisme entre ces différents aspects) entre l'intime et le non-intime, le personnel et le non-personnel. Certaines personnes ont une répulsion pour l'intime et le personnel se targuant, eux, de raconter des histoires universelles. Il n'y a pour moi aucun antagonisme et le débat ne se situe pas là. Ann Lamott a été une de celles qui m'a fait lâché la pression (vis-à-vis de ces petites voix intérieures qui me hantaient quand j'écrivais, regardais un film) dans son livre Bird by bird. Elle parle très bien de cette angoisse et du fait qu'elle bloque la création. Elle distingue l'intrigue et l'histoire.