Dans les papiers des chocolat que mon voisin m'a offert, il y a des citations d'écrivains célèbres ! Dont "la nature, en cuisine comme en amour nous donne rarement le goût de ce qui est mauvais." Charles Baudelaire.
Je suis rentrée dans la capitale. Et il fait du bruit, il fait de la racaille qui parle mal, qui beugle, qui bouge mal. Je suis comme gavée de cette laideur. Et c'est rare.
Il y a la rue dans l'obscurité, le silence quand il fait tard et qu'on revient.
Il y a toujours la violence. Des mots qui ne sont pas compris. De mes mots qui ne sont pas entendus. Pourtant ce sont les mêmes que je répète depuis presque quatre ans. Les mêmes mots qui disent la même chose. Qui ont toujours le même sens. Mais quand l'autre s'en fout, il s'en fout. Une fille, ça ne parle pas, ça ne pense pas, ça ne ressent pas.
Je suis trop lourde : j'ai envie d'avaler des bulles de légèreté, qui feraient de mon corps un élastique tenace et dur et souple et solide. Ici il y a du bruit. Sans cesse, sans cesse.
J'ai le même fantasme qui était là il y a deux ans. Quand je me suis pris une baffe (empilée sur d'autres). Cela faisait beaucoup à l'époque. J'avais besoin d'un oreiller rempli de plumes.
J'ai envie de prendre l'avion.
Je lis un livre norvégien sur les femmes, la perte de la virginité et l'échange des femmes dans les mariages arrangés.
Je suis revenue sur mon histoire sans l'avoir décidé et c'est ce que je vais raconter dans le prochain livre (et c'était déjà dans le premier), pas mon retour mais l'histoire de comment une fille va vers sa première fois et comment elle le vit pour ensuite déterminer la suite.
J'ai envie de prendre l'avion pour te voir. Juste pour te voir. Au moins te voir et peut-être être quelques jours à tes côtés pour écrire mon histoire de l'enfance à l'après. Cet après où tu m'as vue quand je venais de prendre ma virginité et mon premier amoureux qui allait avec elle. Quand tu m'as vue cette première et unique fois j'avais, je crois, seize ans et demie, je connaissais ma première blessure narcissique et la vie ne faisait que commencer cette fatale répétition.
J'ai envie de te voir pour voir qui tu es et voir ce que ça fait.
J'ai trouvé ton âge sur Internet. Tout est comme parfait.
J'ai envie de voler pour me détacher d'ici, quelques temps et peut-être pour toujours. J'ai envie de connaître la liberté et d'en jouir partout en moi.
Puisqu'ils n'ont pas voulu de moi pour femme, ni pour faire des enfants. Parce qu'ils croient que j'ai encore seize ans.
Je sais que je pourrais écrire et voir comment tu es pour de vrai. Fermer des portes et en ouvrir d'autres. Avoir mon corps et mon âme en main, en être responsable, m'avancer sous le portique de l'aéroport, retourner aux Etats-unis que j'ai tellement détesté et que j'ai tant aimé quand je partis avec Benjamin sur la côte du Pacifique, on fumait de la marijuana et il ne voulait pas vraiment de moi.
Je dois sauter dans le métro. Si tu me dis "oui", je prendrai un billet d'avion et je demanderai mon visa. Sans rien savoir... du tout.
Mon amie Isabelle rigole car j'écoute du blues (une femme avec une voix suave) en écrivant pour le blog. La nuit tombe, que le mois de novembre est difficile. Mais je pourrais te rejoindre pour noël, je connais mes prières et mon nom est Marie et plus loin Noëlle et c'est aussi mon anniversaire.
Je veux te regarder dans les yeux.
J'ai envie d'être gaie et joyeuse. Je suis si différente de toi en un sens.