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Le paradis

L’autre jour j’ai entendu un homme parler à France Culture (je suis désolée, je ne me souviens pas de son nom), il parlait du paradis et de l’Islam, ce fameux paradis où des vierges attendent les hommes qui, pour l’atteindre, ils se font sauter avec des explosifs dans des bus à Tel-Aviv (on se demande bien pourquoi). Il disait qu’en Islam, le corps de la personne allait avec lui au paradis. Ce qui change tout par rapport à la vision chrétienne (Saint-Paul et Platon méprisent l’incarnation terrestre, donc le corps, la vie au Ciel (le monde des Idées pour Platon), un ailleurs qu’on ne connaît pas mais qu’on espère et pour lequel on vit, serait sans corps et sans sens).

Si le corps du musulman le suit au paradis (puisqu’il n’est pas infâme, ce corps), on comprend quel plaisir il peut prendre à connaître ces vierges. Ce qui n’aurait aucun sens pour un Chrétien qui, lui, heureux de s’être débarrasser de son enveloppe corporel, n’aurait aucun intérêt à faire l’amour au paradis. Si le corps du musulman le suit dans la mort, on peut comprendre que se faire exploser change aussi de sens. Je ne suis pas assez calée pour en parler davantage, mais j’aime l’idée de changer de perspective pour voir autrement les actes des autres (et donc de voir quel sens cela peut avoir pour eux).

Cela m’a rappelé mon article sur le hammam. Cela me fait penser au voile. Voiler le corps, n’est-ce pas une façon de montrer qu’on sait qu’il existe ? N’est-ce pas montrer qu’il a une importance et que celle-ci a quelque chose de sacré ? Parce que quand je vois les publicités de troncs de femmes dans Paris (des seins, un ventre, des fesses qui, d’ailleurs, ressemblent de plus en plus au corps des hommes : on va bientôt devoir avoir des plaquettes de chocolat au nombril ! sachant que l’utérus est en dessous, c’est du délire) qu’il faut métamorphoser en dépensant de l’argent, en souffrant physiquement et psychologiquement, je suis renvoyée au mépris du corps de Saint-Paul. Y’a des intello qui écrivent ça et là qu’il y a un culte du corps dans notre société et que c’est abusé. Mais quel culte ? Il n’y a pas de culte quand il y a massacre. Savent-ils que des gens « moches » selon les critères de Kellogs (qui ne cherche qu’à faire de l’argent et qui s’en fout que vous soyez belles, mesdames) peuvent jouir ? Peuvent se toucher sans jouir ? Qu’on a même le droit de ne pas jouir, et on a le droit de jouir. Je ne vois pas de culte dans tout ce délire, c’est une torture, y’a rien à voir avec la beauté dont on nous bassine les oreilles. Sans parler de la chirurgie esthétique. Moi, j’adore les parures, tous ces trucs, je ne parle pas de ça. Je ne suis pas « pour » le voile, j’essaie de voir ce que c’est. Je ne défends pas les religions totalisantes, je me demande quelle femme est plus sereine : celle qui mange un haricot par jour à en perdre le goût de vivre ou celle qui cache ses rondeurs sous un large drap ? Dans les deux cas, où se situe leur liberté ? Quelle est leur latitude pour faire un choix ? Où est le mépris du corps ? Entre le découper à coups de scalpel ou s’empêcher de bouger à cause de vêtements encombrants ? En tout cas, il y a un endroit où la condamnation de la chair change tout : c’est dans la sexualité. Car des personnes qui assument leur chair ne se touchent pas de la même façon, surtout si, en plus, elles ont le droit à l’orgasme au paradis !

Je vous rappelle qu’en Iran, cet abominable pays décrié par Kouchner qui n’attend qu’une chose, c’est de leur envoyer la pâtée, les femmes divorcent sous prétexte que leur mari ne les fait pas jouir. L’église catholique interdit le divorce (aucun prétexte n’est valable, même pas la violence, même pas le viol : en effet on n’a pas de corps donc le viol n’existe pas). C’est lequel déjà l’axe du bien ? L’axe du mal ?

J’ai pensé à tout ça en préparant un article sur Je l’aimais car je suis un peu perdue. C’est un film sur le désir (sinon c’est sur quoi ? Vu que, lui, il ne l’aime pas, le titre est trompeur ! ou il y a quelque chose que je n’ai pas compris sur l’amour) et on ressent à peine le désir : on ne sent pas, on ne voit pas les corps : la réalisatrice les méprise totalement, au sens où ce n’est pas son problème. Elle s’en fout carrément et j’ai du mal à donner du crédit à une telle histoire (ces deux amants s’aiment parce que leurs corps s’aiment, ils ne s’aiment pas vraiment pour leurs échanges intellectuels !!!!!!!!! Ils ne se parlent pas d’ailleurs) s’il n’y a aucune prise en compte de cette problématique. Donc pas d’amour, pas de désir, pas de corps, pas de sexe… Alors c’est quoi leur problème ? Je n’ai pas bien compris, mais j’y reviendrai peut-être. C’est un peu à l’opposé de L’amant de lady Chatterley de D.H.Lawrence ou de La leçon de piano de Jane Campion.  
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D
Dans la religion musulmane, le mari a le devoir de satisfaire sa femme sexuellement. L'une des rêgles fondamentale en Islam est la procréation, alors autant le faire bien, c'est plus ludique. Mais j'aime l'idée de ce parallèle que tu fais, Marie, entre le déni du corps dans la religion catholique et cette vision des vierges qui attendent le musulman au paradis. Comment le pape peut-il interdire le préservatif, au risque de tuer et faire tuer des centaines de milliers de gens chaque année et prôner l'amour de l'autre? C'est ce que j'appelles une attitude hérétique à l'agard de ses ouailles!
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