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Je suis écrivain

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les dossiers à ouvrir

Oh là là il y a trop de dossiers à ouvrir. On appelle dossiers des sujets, des problématiques dont la matière à discuter frise l'infini... Ca s'appelle être humain... Blabliblabla... Il y a aussi la méditation (effrayant pour les Occidentaux que nous sommes mais quand même nous n'avons pas toujours été comme ça, les Occidentaux ont aussi eu leur période de jouissances, d'extravagances, de calme, de profondeur mystiques et rien ne nous empêche de les pratiquer aujourd'hui). Cependant je suis bouche bée devant

- cette indifférence. Qui a sans doute une histoire, qui émane d'une construction historique, social avec un sens. Elle vient de quelque part ! Ce n'est pas possible autrement. J'entends dire qu'elle peut être liée à une attitude bourgeoise, de ce regard qui se détourne de ce qu'il ne faudrait surtout pas voir. La froideur de celui qui a pensé serait signe d'une élévation. L'argent met-il en lévitation celui qui le possède ? Cette lévitation serait l'habitacle de son dédain. Je me demande pourquoi mon thérapeute m'a regardée pleurer pendant des années, me renvoyant ce concept d'autonomie tout en me rappelant le cadre et mes devoirs. Ce qui, pour moi, est une contradiction. L'autonomie, quelque part, ça veut "allez vous faire voir." Or nous sommes en société, c'est-à-dire en relation, en interaction. On nous rappelle en permanence que ça se passe comme ça et pas autrement parce que des gens (mieux que nous) ont pensé et trouvé la Vérité. Donc je ne suis pas seule, j'interagis avec des autres. Mais dès qu'il y a un petit problème : "Ah bah tu dois être seule pour ce truc-là." Ca s'appelle l'autonomie... Vaste débat. Aidez-moi donc à mener cette réflexion.

- cette chose que j'ai du mal à supporter qui s'appelle... euh... je ne sais pas comment ça s'appelle. Un ami (?, j'aimerais bien qu'il soit mon ami, un chouette gars) parlait de surmoi. Mais comme je n'ai pas de formation psychanalytique, je ne peux guère employer ce mot. On pourrait dire autorité et c'est aussi problématique. Parce que l'autorité peut être une autorité de fait que je ne discute pas parce qu'elle est une évidence. Comme dirait Spinoza je ne discute pas 2+2=4, au contraire l'apprendre me ravit parce que c'est vrai, donc beau : c'est le plaisir que je ressens devant l'évidence : "ah mais oui mais c'est bien sûr". Et peut-être que le reste n'est que domination et soumission et comme dirait Spinoza encore : "l'être humaine aime tant se soumettre." Celui-ci cherche ce surmoi carcan tel un petit chien assoiffé. Sauf que moi je ne peux plus. J'aime bien l'autorité quand elle est fine, intelligente, gaie, constructive, aimante. Genre let's do it baby. Mais l'autorité qui n'est que l'expression d'une peur de perte de maîtrise de l'autre me donne envie de vomir (ça passe directement par les organes). Alors on fait comment ? Je me sens super enfantilisée, je vois la connerie de l'autre se répandre dans l'atmosphère, j'ai envie de lui faire manger, j'ai pitié de lui.

J'ai envie d'apprendre quelle attitude je dois avoir dans ce genre de situation. Comment je fais pour ne pas perdre trop d'énergie, pour ne pas être démotivée, pour ne pas être violente (parce que j'en ai marre de la violence des flippés du surmoi, du rationalisme parce qu'en plus ils se trompent ! ), pour continuer à m'épanouir dans ce monde décadent qui tue l'élan vital trop souvent. On ne peut plus baiser, on ne peut plus fumer, on ne peut plus boire enceinte, on ne peut plus manger du sucre, on ne peut plus... Bon bah merde quoi ! Je vous raconterai l'anecdote qui mène à cette sortie de mots endiablés. J'ai trop vécu ça depuis que je suis petite. J'en ai trop souffert, notamment à l'école. ON EN SOUFFRE TOUS ! C'est cette contamination de la névrose, de la dépression, de la tristesse dont Spinoza parle génialement. Mais c'est pas facile de se sentir plus proche d'un homme du 17ème siècle dont je ne connais que les écrit que des hommes qui te disent que ta finalité est d'avoir des enfants parce que t'as une fente en bas du ventre. L'homme du 17ème explique que la finalité de chacun est la joie, l'amour et... sa propre finalité qui est unique. Bref... J'en ai marre de la contamination, depuis que je suis enfant je dis non à la contamination !! Et là j'ai envie de prendre ma joie dans les bras et de l'envoyer dans le ciel comme un ballon. Cette joie que le surmoi de l'autre a voulu faire exploser... Mais je sais et je sens que j'ai raison pour moi. C'est ça la joie. Je sais que j'ai raison pour moi d'agir comme je le fais pour faire ce que je fais. C'est comme inébranlable, c'est un pas vers ma liberté parce que je sais que c'est bon pour moi parce que c'est en accord avec moi et donc bon pour les autres. Je ne peux être dans le monde que si je suis en phase avec moi. 

C'est compliqué à comprendre ou quoi ? Parce que sinon on fait comment ? Je fais comment ?
 
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