Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Je suis écrivain

Publicité

L'empathie

J'aimerais bien pouvoir rendre compte de ce que je lis sur l'empathie. Tellement intéressant, mais complexe. Je fus marquée par la différence faite entre l'empathie et la sympathie (qu'on traduirait par son latin compassion). L'empathie consiste à se mettre à la place de l'autre sans forcément éprouver ses émotions, la sympathie consiste inversement à éprouver les émotions de l'autre sans se mettre nécessairement à sa place (contagion des émotions). L'empathie permet de réagir à ce que l'autre subit, la sympathie non. "La contagion des émotions de plaisir (sympathie) vient inhiber la réaction comportementale (empathie). L'hypothèse empathie-altruisme permet de faire la prédiction suivante : les observateurs qui ressentent une détresse en retour, par contagion des émotions c'est-à-dire par sympathie, auront tendance à secourir le sujet lorsqu'il est difficile de faire autrement mais de ne pas le faire s'il est possible de se dérober, tandis que les observateurs empathiques auront tendance à aider aussi bien dans un cas que dans l'autre. La détresse en retour ou la sympathie induit une motivation égoïste tandis que l'empathie en suscite une altruiste. Dès les premières heures de la vie, les bébés réagissent empathiquement à la détresse des congénères. La détresse empathique serait donc quasi innée." Rousseau aurait-il raison ? Ah... Bien sûr. Avec Spinoza qui explique que la tristesse vient de l'extérieur, mais pas de l'être. L'état naturel de l'être est la joie.

L'ouvrage étaye son propos d'expériences poussées. J'en suis à "On sait que Brecht a construit son esthétique de la distanciation précisément pour contrer l'empathie, laquelle peut avoir comme effet pervers de tout comprendre, y compris son propre agresseur comme dans le syndrome de Stockholm." Et là j'ai des frissons, elle vient de là cette volonté de comprendre, de comprendre l'indifférence de l'autre, ma capacité à comprendre l'autre dans ce qu'il ne peux même pas comprendre lui-même. C'est pour cela que j'ai réagi aussi sévèrement l'autre jour quand une amie a fait appel à ma compréhension et ma compassion. Parce que je suis née dans le syndrome de Stockholm, j'ai été élevée dans la codépendance : comprendre l'autre dans ce qu'il y a de plus incompréhensible, dans sa plus grande violence parce que moi j'en ai la capacité ! et donc de lui pardonner et de l'aimer pendant qu'il me détruit. Le porter, me sacrifier. Non, non, non. Oui, on m'a toujours demandé de comprendre là où l'autre ne me voyait pas ratatinée de douleur. Le syndrome de Stockholm n'a pas de mystère pour moi. J'ai entendu soeur Emmanuelle hier. Modèle d'empathie et non de compassion (son slogan est "vivre, c'est agir", c'est bien la définition de l'empathie : agir face à la douleur de l'autre). Elle parlait des femmes et les appelait à trouver le soleil dans leur poche. Elle les appelait à l'indépendance de la joie. Puis elle a expliqué pourquoi elle a choisi  Dieu. A l'âge de six ans, elle a vu son père mourir devant ses yeux emporté par la mer (là tout est dit !). Elle a dit : "J'ai vu à ce moment combien l'homme est petit. Alors oui, les garçons me faisaient danser et ils étaient mignons, mais je savais qu'ils étaient petits et j'avais besoin d'un absolu, de plus grand." Extraordinaire, non ? Elle a dû inventer ce conte :
"Il était une fois une jeune fille qui demanda à un garçon s'il voulait se marier avec elle. Le garçon lui répondit 'Non!'.
Dés lors, la jeune fille vécut toujours heureuse".
Les références du livre cité sont L'empathie sous la direction de Alain Berthoz et Gérard Jorland. Editions Odile Jacob
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article