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C'est une histoire vraie

 "D'où provient donc en fin de compte dans la vie psychique cette contrainte de sortir des frontières du narcissisme et de placer la libido sur les objets ? (...) Un solide égoïsme préserve de la maladie, mais on finit par se mettre à aimer pour ne pas tomber malade." tout le reste du texte est passionnant. Et complexe. Mais lumineux et donc éclairant. Cela vient de Freud. 

Je comprends maintenant. Je me sens comme réconciliée. Très peu de personnes s'aventurent en amour, tant restent dans le refoulement et tombent malades. Et ils peuvent alors contaminer en jugeant des choses qu'ils n'ont jamais connues. Je ne savais pas ça. Qu'on vivait entourés de gens qui n'ont pas connu l'amour et qui font tout pour l'éviter. D'où leur indifférence : comment pouvaient-ils voir quelque chose qu'ils ne peuvent pas voir par définition ? Je ne savais pas que j'étais contaminée par la peur des autres qui refoulaient. J'avais cette naïveté. C'est la fin d'une vie, une vie de contamination. Une vie d'ours et de chien commence. Toute rencontre est traumatique, toute rencontre bouleverse le cadre de pensée et réinvente un monde nouveau. Comme l'entreprise d'une psychanalyse. Du un, vient le deux, du deux le trois... Ca fait peur, ça bouge, l'autre devient Dieu. Je remercie Macedo pour son chapitre sur l'amour véritable dans ses Lettres à une jeune psychanalyste où j'ai pris la phrase de Freud. Je suis triste et j'ai peur. Mais l'amour véritable selon Macedo est un baume. Car perdre celui qu'on aime c'est rencontrer la mort. Et je ne comprends pas pourquoi on doit passer par là. Je ne le comprendrai jamais et j'apprends à vivre dans l'incompréhension, décalée dans un monde où les autres sont très loin de moi à part quelques exceptions. Parce que j'ai été quelque part, j'ai été en amour, là où très peu vont et cela m'a été retiré. Comme tous ceux qui ont été quelque part où si peu ont pu aller, ceux qui vivent des expériences extraordinaires, et qu'il y a peu de gens pour écouter leur histoire, je vis en rescapée me sachant coupée de ce qu'il y a de bon pour moi. J'ai vu, j'ai senti, j'ai été de l'autre côté de la barrière. Je suis persuadée que l'amour est un état mental rare et exceptionnel qui fait que l'on n'en revient pas indemne. Très peu de psy comprennent ça. Ils n'en ont rien à foutre. Mais Freud avait raison : c'est la majorité des gens qui est malade parce qu'elle refoule. 

Ce soir en rentrant à pied chez moi j'avais envie de chocolats. Je croise mon voisin, il me donne une boîte de chocolats ! J'ai balbutié. J'ai juste remarqué comme j'avais peur. 
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