C'est énorme car j'allume la radio (france culture) et ils parlent du procès des Khmers rouges et donc ils parlent de la mémoire.
Faut-il réactiver les souvenirs ? Un des intervenants dit que non : la justice réouvre la plaie. L'autre dit qu'il faut tourner la page avec l'oubli mais qu'avant il faut que justice soit faite. La réparation est-elle possible ? L'oubli est-il souhaitable pour la paix ?
Le film de Johnny To met ça très bien en scène et c'est moins prise de tête que le procès des Khmers rouges.
Les Occidentaux s'arrogent le droit de décider pour les Cambodgiens. De quoi on se mêle ? Au nom de quoi ? De quel droit on va réactiver les souvenirs de gens qui vivent leur vie dans le silence et l'oubli parce que c'est leur choix ?
On plaque une philosophie sur une autre tout en disant : "bonjour, voici ce qui est universel et on va vous aider à vous le faire comprendre."
"La notion des droits de l'Homme n'est pas universelle. Elle est chrétienne." C'est pas celle des Arabes, des bouddhistes. Ils ont moins de culpabilité et le groupe est la référence (et non la personne).
Ils en parlent très bien à la radio : vous pouvez podcaster. C'est l'émission de 11 heures à 12 heures le 27 mai.
Un Cambodgien ne pardonne pas, il oublie. Vous n'avez pas remarqué ? On vous dit souvent par chez nous : "Allez, pardonne." Je me souviens de quelques amis me disant qu'il fallait pardonner. Je pardonne si je veux. Ca sort d'où ces injonctions ?
Le personne du film de Johnny To oublie, il n'est plus en France... Il est justement en Asie. Il change de philosophie.