Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Je suis écrivain

Publicité

Gratitude et opportunites

Il y a tellement de choses dans ma tete, il y a l'envie d'ecrire, il y a ma fatigue qui fait que j'ai du mal a etre une petite ecrivain appliquee et sage qui organise l'ecriture du roman, je suis de la veine d'Henry Miller, mais je ne l'assume pas, je n'y vais pas, j'ai honte de ne pas etre l'ecrivain modele qui organise le plan du roman... a honte commence a m'emmerder serieusement. C'est encore cet ideal de surmoi qui se cache la-dedans. 

Un jour j'aimerais avoir l'estime de soi qui fait que la seve en moi creuse un sillon sur et profond. Je suis comme une heroine de roman de D.H. Lawrence qui va se perdre au Mexique dans la danse de Dionysos. J'ai encore une colere en moi, et quelque chose est devenu dur en moi, je n'avais pas ce truc, peut-etre c'est bien de l'avoir pour me defendre puisque j'ai fini par comprendre que nous nageons dans le grand n'importe quoi, que j'ai des souffles d'ouragan en moi. Et cela me fait rire car je prends un peu de distance. J'ai ete douce, super douce et je suis totalement responsable d'avoir donne cette douceur a des gros cons. Pas totalement... on va dire. :ais aujourd'hui pourquoi s'en faire ? It's gone.

J'ai cette douceur en moi, j'ai cette intelligence qui est autre (j'essaie de me la peter, cela fait partie de mon entrainement pour gagner de la confiance en moi), une empathie etrange, j'ai travaille pour comprendre la relation a l'autre, notre relation au monde, c'est dans mon travail d'ecriture, c'est un processus en cours. Devant la douceur, il y a une coque de durete qui est venue et je sais que je vais reussir a trouver un certain equilibre. C'est une question de temps et de travail. Il y a quelques semaines je me suis enervee en parlant a quelqu'un, c'etait cette colere face au manque de respect basique entre les gens. J'ai dit qu'un jour, moi aussi je pourrais venir vraiment violente parce que la j'avais trop mal, que j'etais a la limite. J'ai toujours peur de ne pas etre a la hauteur, de ne pas etre parfaite et ca nous arrive a pas mal d'etre nous. L'autre jour quelqu'un m'a dit : "Personne ne vous reparera." Ok, j'ai pris mon baluchon et j'ai pris une grande inspiration, ok, j'ai trouve des outils pour me reparer et j'ai ferme la porte de mon appartement et j'ai respire seule dedans. J'ai fait le deuil de ca, de cette idee de reparation et de consolation, j'ai mis mon armure pour sortir dans le monde avec cette conviction qu'en effet si j'avais aime des gens blesses (sans doute parce que j'aurais aime etre aimee comme je suis, c'est-a-dire avec mes blessures), personne ne m'aimerait comme femme blessee. Et que je prendrai mon temps pour grandir. Et devenir forte et sure et confiante dans que la vie m'apporte. Que je saurai cueillir.

Pourquoi certaines personnes continuent a pointer du doigt ce qui ne va pas, ce qu'on a fait du mal plutot que d'encourager ce qui va bien, et de valoriser ce qui a ete fait ? Parce qu'ainsi ils creusent la faille et n'encouragent pas l'estime de soi.

Oui, je me bats avec cette peur, entre le fait de cacher mes blessures qui, d'ailleurs, se pansent avec le temps et moi, je suis assez fiere de moi, de plus en plus fiere de moi. Et ca m'appartient, ca n'appartient qu'a moi. Et c'est vraiment cool, c'est ma force interieure. Il y a quelque chose qui a voir avec l'acceptation, l'acceptation tout court sans mettre de mot, sans porter de jugement. Accepter ce qui est nouveau. Quelqu'un m'a dit : "Il faut arriver nouvelle aux Etats-Unis." Et il y a quelque chose en moi de nouveau, sans doute je resiste, je suis en lutte avec ce qui est nouveau et on revient a cette notion d'acceptation. Et c'est tres fort. Un homme m'a dit serieusement : "Est-ce que tu pourrais lacher la peur, la peur de l'ancienne Marie, de la petite Marie, laisser mourir cette petite Marie pour laisser place a la grande Marie, cette grande Marie qui ne sentirait plus la peur parce que la peur est partie ?" Alors je crois que c'est bien le challenge. Je sens mes resistances et mes defenses, mais au moins je les identifie. Il s'agit bien de lacher-prise. Et putain c'est un sacre travail. C'est en cela que l'amour est une revolution. L'amour de soi, ne plus se condamner, ne plus porter le monde, ne plus se croire responsable de tout, lacher cette idee de perfection, mais regarder ce que j'ai fait avec ce que j'avais. Et avoir une immense tendresse pour tout ca, pour tout le travail que j'ai fait pour moi, pour les autres, avec moi, avec les autres. En fait, je m'en fous de plus en plus de plein de choses. Juste je m'en fous. Et c'est bon de s'en foutre. Il y a une petite Marie et une grande Marie qui doivent se donner la main et rire ensemble et regarder avec une bonne distance toute la tragedie et en rire. De ce rire des vivants, de ceux qui ont choisi la vie. Il s'agit de remplacer la colere pour une immense tendresse. Ouhaouh !

Je n'ai jamais cesse d'avancer. Chaque jour, chaque instant.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
Bravo alors et continue.<br /> <br /> ANNE
Répondre