Je suis écrivain
Je pense a Katia avec qui j'avais parle de Ben Harper et de la musique comme pansement. Quand je plonge dans la musique de Ben Harper, ca me fait comme du sirop sur mon estomac qui se contracte, ca fait comme un pansement, ca me donne du plaisir la ou j'ai eu de la frustration. La musique a ete la meilleure compagne des melancoliques, des exaltes de l'eprouve vital (on y revient), ceux qui eprouvent plus, qui s'exaltent plus. Je n'ai pas encore trouve la religion dans laquelle je pourrai deverser mon amour digne de celui de Sainte-Therese de Lisieux. Si, la poesie de Rumi, c'est exactement ca et Rumi dansait sur la musique, la danse mue par le feu de ce coeur en emoi. Parfois je me dis que j'ai trop eprouve, j'ai ete trop emue, que je vais mourir jeune parce que c'est comme faire beaucoup de sport.
J'appuie sur play et la voix de Ben Harper me rechauffe la ou j'ai froid. Le psychanalyste Lucien Israel parle tres bien de la relation a l'autre qui menace chacun d''une angoisse de castration, c'est de ca que les gens ont peur. Ils ne vont pas a la rencontre de l'autre car forcement il faudra traverser l'angoisse de castration. Moi ok je vais finir par accepter cette exaltation en moi, que je suis presque une hedoniste, presque... Il faudrait sauter dans le vide... J'ai eu quelques compagnons sur la route, de passage. des eclairs de plaisir... Les autres se camouflent. Je ne suis pas assez detachee affectivement pour etre une libertine, mais c'est ce que je devrais faire. Je les connais mes compagnes de lettres au fil des siecles et je tache de ne pas etre dans la revendication et c'est dur. J'aimerais juste comprendre pourquoi on doit payer pour ca, pour etre une femme de lettres, pourquoi on doit mettre des cailloux dans ses poches pour se noyer dans la riviere. Mais un etre pertinent dirait que ce sont les melancoliques qui deviennent ecrivains et que ca n'a rien a voir avec le genre. Ce n'est pas faux.
Il faut que je trouve une solution pour moi-meme vis-a-vis de cette problematique. Ca devient urgent sinon je vais peter un plomb. Je connais des femmes qui sont concernes par le travail de leur compagnon. Il y a vraiment un truc que je ne comprends pas dans notre monde, l'instant est maintenant et il ne reviendra pas, jamais. Et qui en a conscience ? Fuck.
Je lache mes esperances, je ramene de l'energie pour l'ecriture, je vais dans le ciel. Oui, je suis dans plein de deuils, je n'en peux plus, je renonce a tant de choses, je perds mes illusions. Stehen King dit qu'il est plus facile d'ete ecrivain quand on a quelqu'un qui croit en soi et qu'on a un toit, que sans ces deux conditions, c'est quasiment impossible. Oups' Quand j'etais plus jeune, il y a eu Nicolas qui, je crois a cru en moi et Mathias. Mais ils n'etaient pas mes amoureux. L'autre jour, quand je rangeais des boites pour trouver des photos, je suis tombee sur un mot de Sera ou il avait ecrit : je crois en toi. Il avait dix ans de plus que moi et j'avais 22 ans quand il me poussait a m'ecrire. En voyant le carton que j'avais garde, je me suis dit que je devais realiser que des gens avaient cru en moi et que cela m'avait aide a continuer, a m'y engager. Peut-etre que je continue avec ca, les bribes de mots egrenes ca et la et les beaux mots de mon coach. Et en meme temps j'essaie d'apprendre a me taire sur ca. Il y a tellement eu de livres sur ca, de revendications, de combats, les chansons d'Ani, les livres de Christine Delphy... et l'autre jour je disais a Vesna : " Mais comment j'ai pu m'en vouloir pendant des annees et me critiquer autant alors que je parvenais a faire ce que la majorite de gens ne peuvent pas faire ? Je gagnais mon argent, tout en ecrivant (activite qui me prend beaucoup de temps et d'energie mais ne me rapporte rien), tout en etant disponible pour mes amis, mes amants, mes amoureux." Mais je suis une grosse conne ou quoi ? Putain il y a un truc que je ne comprends pas ! Je ne comprends pas. Mes parents avaient honte de moi : ils revaient que j'epouse un pharmacien riche ( par definition). Il y a un truc que je ne comprends pas : ils m'ont punie parce que je defendais mon independance, mon ecriture, mon travail, mon coeur et mon corps. Et quand j'ai demande de l'argent a mon pere (1500 euros) pour garder mon appartement et que j'allais etre a la rue, il m'a dit : 'Tu n'as qu'a te marier." Oup's, je suis si desolee ! Je ne me marie pas pour avoir de l'argent : je ne comprends meme pas le concept. J'ai essaye de comprendre mais il y a un truc qui m'echappe totalement. J'ai essaye de voir comment ca fonctionnait en lisant les livres de Christine Delphy qui evalue le travail de la femme mariee en demontrant le systeme patriarcal. Seulement voila je ne suis pas la, je ne me marie pas pour gagner du fric. Et c'est une des raisons de mon banissement familial.
Je veux renverser ma tristesse et mon amertume pour eclabousser de paillettes le ciel. Et vous savez quoi ? J'ai vachement de chance parce que justement a cet endroit j'ai l'ecriture et je sais etre seule parce que j'ai appris. J'ai appris a ecrire sans etre accompagnee, sans parler a personne pendant des jours, je me gonfle d'energie en ecoutant cent fois la meme chanson, je vais apprendre a crier, a rire, a marcher le long des chemins en soulevant la pointe des pieds. Je n'ai pas trouve la solution, je la cherche car je n'ai pas de modele... Peut-etre Ani. Je garde les poemes d'Ali quand il parlait de moi, de ma solitude du au fait que je voyais ce que les autres ne voyaient pas, que je voyais parce que j'etais faite d'amour et que cela me donnait cette conscience et ma souffrance. Je lui demandais de me donner la solution, mais il disait que j'etais la pour briller de la lumiere de l'amour pour l'apporter aux autres, que Dieu m'avait donne ce role-la... Ouhaouh ! J'enerve les gens, ils aboient sur moi, ah ! Ils ne veulent pas avancer de la verite, de nos verites. Peu importe ! Je ne suis que moi.
Je cherche la solution pour echanger ma frustration, mon manque de reconnaissance, le manque d'estime de moi, tout ca qui creusent des puits sans fond en moi et j'avance avec tous ces trous : c'est ma force, ma resistance incroyable. Je tais les quelques petites choses qui ont pu m'ebranler au point de me faire presque basculer.
Je cherche la solution (et je ne suis pas la seule, on cherche depuis des siecles : c'est une oeuvre collective et Virginie Despentes me comprendrait) pour etre une femme qui ecrit, heureuse en amour, comblee dans son corps et son ame. Si quelques personnes ont des idees. Sebastien m'avait donne le conseil pour ecrire de faire comme Zidane qui parle de sa facon automatique de se preparer avant le match. Je devrais copier ca, comme Murakami Haruki qui fait de la course de fond. Il s'agit d'un challenge et tout est dans le chemin a surmonter le challenge. Je fais comme Zidane parfois pour ecrire... Mes rituels.
Je cherche la solution et je veux raconter le parcours... La difficulte a ne pas etre une connasse, une salope, une pute, une simulatrice...
Merci Ben Harper, je crois que j'aime vraiment les mecs, je les aime au point de ne pas me prostituer d'une facon subtile qu'ils prendraient pour de la galanterie, mais ca ils n'en ont aucune conscience ! Avec moi, ils ne perdraient pas toujours le temps et l'argent d'un restaurant. Dommage !! Putain, quel gachis... cq me fait super mal ce gachis. S'ils pouvaient savoir la richesse que c'est d'etre avec une femme libre et non soumise, s'ils pouvaient seulement imaginer ce que c'est d'etre aimee d'une femme qui a refuse certains compromis, qui a une integrite de dingue, qui resiste malgre ses larmes. S'ils pouvaient l'imaginer, ils ouvriraient des portes qu'ils ne peuvent pas imaginer et qui les combleraient.
Merci Ben Harper, il y a quelque chose de la grace quand on surpasse la douleur de certaines crises. Je veux toujours dire ca dans le blog, le chemin de l'obscurite a la lumiere, la petite lumiere qui fait que je vais me soutenir dans l'ecriture. Qui vient vers moi maintenant. Merci.